Country Menu
Page Menu

Posted by on May 19, 2015 in Radio Oloron |

Photos – Radio Oloron

EMILE VALES

En 1999, à la suite au décès de l’emblématique Léon Bérody, Emile Vallès devient président de l’Amicale du camp de Gurs.

Né en 1936 à Alcaniz, en Espagne, il a suivi « la retirada » de l’armée républicaine avec sa famille. En effet, son père Némésio était lieutenant dans les transmissions, rattaché à l’Etat-major du général Rojo. Après le passage de la frontière française, ce fut la séparation : la mère et ses deux enfants au camp des Mathes (Charente-Maritime), le père à Saint-Cyprien, puis à Gurs. Après l’of­fensive allemande de mai-juin 1940, la famille se rapproche de Gurs et s’installe à Oloron-Sainte-Marie. C’est alors qu’Emile rend visite à son père, interné et employé à la poste du camp, et qu’il est témoin, de l’extérieur, des réalités de l’internement.

Membre de l’Amicale depuis 1993, il intervient dans le projet de construction du Mémorial national. En effet, architecte, il est en contact avec des artistes de réputation internationale. Il pro­pose donc à l’Amicale de se tourner vers un artiste israélien de renom, Dani Karavan, qui accepte de réaliser le projet. Le Mémorial de Gurs est une évocation de l’univers concentrationnaire et utilise les principaux éléments du camp : barbelés, lampadaires, charpente de baraques…

L’arrivée d’Emile Vallès symbolise donc le passage du témoin des internés eux-mêmes, per­sonnages aux engagements politiques forts, à la génération suivante, tournée essentiellement vers le travail de mémoire. L’Amicale, créée par des Es­pagnols, retrouve un président espagnol, vingt ans après, dans un contexte nouveau : le retour de l’Espagne sur son passé. En effet, l’action d’Emile Vallès aboutit enfin à la présence du consul d’Es­pagne de Pau aux cérémonies de commémoration de Gurs et à la rencontre avec le roi d’Espagne Juan Carlos.

C’est également pendant la présidence d’Emile Vallès que sont recueillis et filmés des témoignages d’anciens internés. Il en résultera en 2002 la production du film « Mots de Gurs », réalisé par Jean-Jacques Mauroy.

En 2006, après 7 ans de présidence, Emile Vallès décide de se retirer et de cèder la place à un nouveau président. Ecoutons Emile Vallès

                                                                          ___________________

ELLES ETAIENT EN GUERRE de Fabien Beziat

 “Elles étaient en guerre” 1914-1918 raconte l’histoire de ces femmes qui, à l’arrière du front, étaient employées dans les usines. Grâce à des images d’archives inédites, Fabien Beziat et Hugues Nancy, qui ont déjà signé ensemble un documentaire sur Louis Renault et André Citroën, montrent comment elles ont été employées “comme un sous-prolétariat” par l’industrie avant d’être “dégagées” au retour des Poilus. Ils expliquent aussi comment le mouvement féministe né avant le conflit s’est écroulé au sortir de la guerre. “Il a fallu attendre ensuite quarante ans avant qu’il se relève”, rappelle le réalisateur oloronais. Ce documentaire, avec la voix de Nathalie Baye,. dure 93 minutes. Interview de Pierre-Louis Giannerini 

 

_______________________

L’association “Terre de mémoire(s) et de luttes” et la mairie d’Oloron Sainte-Marie ont
inauguré samedi 30 avril le monument érigé à la mémoire des Républicains espagnols au
Parc Bourdeu. La cérémonie s’est déroulée en présence du Maire de Jaca et d’une importante
délégation espagnole.
Ils avaient lutté pendant 3 ans pour défendre leur République progressiste, qui mettait l’éducation et la santé à la
portée de tous, qui établissait le droit de vote pour les femmes. 3 ans de lutte pour rien… 32 000 Républicains
Espagnols sont arrivés en gare d’Oloron en 1939, fuyant leur pays.
Ce sont ces Espagnols, et bien d’autres engagés dans la même lutte pour la République, qui ont été ainsi mis à
l’honneur par l’association “Terre de mémoire(s) et de luttes” et la mairie d’Oloron Sainte-Marie lors de l’inauguration

 

________________

L’histoire des guerilleros du Béarn s’enracine dans « la petite Espagne » constituée à Pau dès 1920, autour de la Côte de la Fontaine, au Hédas, mais aussi à Oloron. Ils commencent à s’organiser fin 1940 en instaurant la 226e brigade de la MOI (Main-d’OEuvre immigrée) sous la houlette de Félix Burguete, futur chef des maquis des Hautes-Pyrénées. Ils se signalent à l’attention publique lors de la venue à Pau de Philippe Pétain, le 20 avril 1941, en peinturlurant des slogans hostiles au maréchal sur les murs de la ville.

Ce premier acte de résistance en Béarn trouvera des prolongements ailleurs à travers les Groupes de travailleurs étrangers (GTE) implantés à Buzy-Buziet (où ils construisent la centrale électrique Saint-Cricq) et Fabrèges dont le barrage porte leur empreinte. Au total, quelque 800 Espagnols contribuèrent ainsi au développement d’infrastructures ossaloises.

Sous l’impact des communistes et de quelques anarchistes s’élaborent dans la clandestinité de fines stratégies d’insubordination. Les activistes de l’ombre vont souvent prêter main-forte aux francs-tireurs et partisans (FTP) français. Ils opèrent à partir des maquis de Bager (Arudy), Pédehourat (Louvie-Juzon) et Marie-Blanque. L’après-midi du 17 juillet 1944 à Buziet, les Allemands ouvrent le feu sur la maison Anglade servant de poste de commandement aux guerilleros. La sanglante répression fait une quinzaine de victimes combattantes et civiles dont la plupart repose au cimetière de la localité.

Erigé en 1999, un mémorial témoigne du massacre orchestré par les nazis. Le tout premier monument avait été inauguré le 2 octobre 1944. Le chanoine Biers, maire d’Ogeu, loua alors ces idéalistes qui « ne sont pas morts pour défendre leur patrie ni leur famille ni leur clocher mais simplement pour la liberté et la dignité ».

 

________________

INTERVIEW DE ANNE GIANNERINI , MEMBRE DE L’ASSOCIATION TRAIT D’UNION , ELLE NOUS PARLE DES POILUS OLORONAIS